
Cette collection de portraits sur stuc occupe une place particulière dans mon parcours artistique. Elle est née d’un besoin de sortir de mes repères habituels, de déplacer mon geste et d’entrer dans une relation plus directe avec la matière.
Dans cette série, le visage et le regard rencontrent la matière brute et crée la sensation qu’ils émergent du support. Le stuc devient alors un espace de traces, un territoire silencieux où la peinture vient faire apparaître des présences.
1. Une collection née d’une rencontre avec la matière
Cette série est née de la rencontre avec un support singulier : le stuc. Contrairement à la toile de lin qui m’est plus familière, cette matière demande une approche différente. Elle ne répond pas de la même manière au geste, à la couleur, à la lumière.
Avant de peindre, il faut observer, toucher, regarder les variations de la surface, ses mouvements subtils, ses zones plus lisses, ses irrégularités, ses failles parfois imperceptibles. Ce support n’est jamais totalement neutre. Il propose déjà une direction, une tension, une atmosphère avec lesquelles il faut composer.

Ce rapport à la matière m’a conduite à ralentir. À écouter davantage ce que la surface permettait, à accepter que l’œuvre ne naisse pas uniquement de mon intention, mais aussi de ce que le stuc révélait ou retenait.
2. Le stuc, une surface vivante et minérale
Le stuc est une matière minérale composé d’un mélange de chaux, de poudre de marbre et de pigments naturels. On le retrouve dans des univers liés à l’architecture, aux décors muraux, aux surfaces nobles et aux intérieurs raffinés.



Ce qui m’intéresse dans cette matière, c’est sa profondeur et le fait que chaque stuc est unique. Cette surface porte quelque chose d’ancien et évoque des lieux et des surfaces traversées par le temps. Elle n’a pas la neutralité d’un support classique car elle possède déjà une présence.
Dans cette collection, le stuc participe pleinement à l’œuvre avec ses reliefs, ses nuances et ses accidents qui viennent dialoguer avec le visage. Ils créent une tension entre la force de la matière et la sensibilité du portrait.
3. Des visages comme présences intérieures
Les portraits de cette série cherchent à faire apparaître des présences. Chaque visage porte une histoire intérieure, un silence, une mémoire, une émotion contenue. Le regard, la posture, les traits, les ombres et les couleurs deviennent les lieux d’une tension entre ce qui se montre et ce qui demeure invisible.

Dans mon travail, le visage ne se limite pas à une simple représentation. Je l’appréhende et l’imagine comme un territoire qui porte des traces, des failles, des forces, des vulnérabilités. Sur un support en stuc, cette dimension se renforce encore car la matière donne au portrait une profondeur plus ancienne, minérale et authentique.
4. Entre force brute et sensibilité
Cette collection repose sur un contraste qui résonne avec mon processus de création, celui entre la force brute de la matière et la sensibilité d’un visage et de l’émotion qui se dégage du regard. En effet, le stuc possède une densité, une présence physique alors que le portrait introduit la fragilité, l’émotion, la peau, le regard, le vivant. Entre les deux naît une tension, quelque chose de minéral rencontre quelque chose d’humain.
C’est dans cet espace que la série trouve son équilibre, avec des portraits à la fois solides et vulnérables, présents et silencieux, ancrés dans la matière et traversés par quelque chose d’invisible.
5. Le regard des origines, dernier portrait de la série
Le Regard des Origines vient clore cette collection de portraits sur stuc. Cette œuvre apparaît comme un point d’aboutissement dans la série, parce qu’elle rassemble plusieurs thèmes qui traversent mon travail : la mémoire, l’identité, les racines, la matière et le regard.

Comme dernier portrait de la série, Le regard des origines donne une forme particulière à cette recherche. Il relie le visage à la matière, mais aussi l’intime à quelque chose de plus ancien et profond.
6. Une série qui dialogue avec l’espace
Par leur format, leur matière et leur présence, ces portraits sur stuc entretiennent un lien fort avec l’espace. Ils ont une dimension architecturale liée à la surface, à la lumière et au lieu dans lequel ils sont présentés.

Le stuc crée un rapport particulier avec les intérieurs en dialoguant naturellement avec les matières nobles, les murs, la pierre, le bois, les enduits, la lumière naturelle. Une œuvre sur stuc peut ainsi habiter un espace avec une présence silencieuse, profonde et singulière.
Conclusion
Cette collection de portraits sur stuc marque une étape importante dans mon travail. Elle m’a permis d’explorer une autre relation à la matière, au portrait et à la mémoire. À travers ces œuvres, le stuc devient une surface de traces et un support minéral où les visages apparaissent comme des présences intérieures.
Découvrez chacune des œuvres de la série des portraits sur support en stuc :



